



Le projet 28°27’55″S 71°15’23 explore les enjeux mémoriels liés au paysage du désert d’Atacama, en interrogeant les traces laissées par les catastrophes écologiques, sociales et politiques. Il se situe dans un con- texte de bouleversements climatiques et d’inégalités croissantes, où la transformation des modes de vie, de production et de consommation redéfinit notre rapport au territoire, oscillant entre visions dystopiques et nouveaux imaginaires possibles.
Cette recherche-création interroge les vestiges mémoriels de l’histoire récente, en explorant la vallée del Huasco, son embouchure, la ville portuaire, les alentours du complexe industriel de CAP et de la péninsule Guacolda, où se trouve une centrale thermoélectrique. Ces lieux incarnent les tensions entre dégradation écologique, atteintes à la santé des popu- lations et agitation politique, notamment après l’effondrement du projet de nouvelle constitution et les interrogations sur un éventuel nouveau pacte social.
En croisant recherche de terrain, exploration d’archives et collecte de témoignages, ce projet interroge les conditions d’émergence d’un paysa- ge-mémoriel. Comment inscrire dans la représentation du paysage les traces des conflits et des bouleversements environnementaux ? Comment rendre visibles les tensions entre effacement et persistance, entre histoire officielle et récits marginalisés ?
À travers de vidéos, d’archives, de photographies et de textes, ce projet cherche à réinventer la mémoire de la côte sud du désert d’Atacama, un territoire marqué par la catastrophe, en construisant un dialogue spéculatif qui imagine d’autres relations pour ces paysages qui ont été témoins de l’apparition de peuples et de sacrifices.